Génération H

Génération H

La dernière fois – ou la fois d’avant – j’étais tranquillement postiché sur le canap’ du teusqua, un bouquin entre les mains, quand mon pote Chivas a déboulé dans le teum-teum.

– J’savais pas qu’tu lisais ? m’a fait le clandé. C’est quoi ?

– Ça ? C’est « Génération H », le livre d’Alexandre Grondeau !

– Et pourquoi tu l’tiens à l’envers ?

– Les lettres, qu’elles soient à l’endroit ou à l’envers, ça reste des lettres ! je lui ai expliqué.

Chivas s’est gratté le menton :

– Mec, t’es sûr qu’tu sais lire ?

À moi, il me demandait si je savais lire… Sans respect !

– Mêle-toi d’ton cul Chivas ! je l’ai rembarré. J’t’en pose, des questions ? Nan, alors casse pas les couilles !

– Tu sais pas lire ! il a insisté.

– Va t’faire mettre !

– Tu sais pas lire !

– Et alors ? j’ai voulu le tester. Toi, tu sais ?

– Moi ouais, mais j’kiffe pas ça !

En vrai, je crois que je sais lire, mais lire me donne archi mal au crâne. J’ai reposé le bouquin de Grondeau, et j’ai cherché une solution pour pouvoir comprendre l’histoire de Génération H sans tourner les pages. J’ai réfléchi quelques minutes, même si je ne kiffe pas ça, puis j’ai eu l’idée de refiler le livre à Constantin, pour l’écouter me le lire à haute voix. Constantin, si tu ne le connais pas, est le fils de pute d’intello enchristé dans la cave de mon squat depuis plus de trois berges. Un bon suce-boule, que j’utilise quand j’en ai besoin, par exemple pour gratter à ma place ou pour remplacer mon sac de frappes.

Bref, quand je suis descendu à la cave, Constantin, sur le parterre sablonneux de mon sous-sol, s’est mit à ramper dans ma direction comme une serpillière :

– Mec ! il a commencé à chialer. Mec ! Je suis déshydraté ! Je meurs de soif, trois jours que tu  n’as pas rempli mon bol.

Direct, je lui ai calé une tarte dans la face, histoire de le rebooster un peu, puis je lui ai fait une bête de proposition :

– Si j’te donne à boire, tu me lis « Génération H » d’Alexandre Grondeau ?

– Tout c’que tu veux !

– Alors j’te donne à boire, tu m’lis « Génération H » et tu m’suces la queue !

– D’accord ! a soupiré Constantin. Ça marche, mais donne-moi à boire tout de suite !

C’est comme ça que pendant trois plombes, j’ai écouté Constantin me lire le roman d’Alexandre Grondeau. Une putain de story, underground et vandale. Pour la présentation, Alexandre Grondeau est maître de conf’ à l’université d’Aix en Provence, mais je ne lui en veux pas. Je ne lui en veux pas, parce qu’il se bouge pour promouvoir des festoches et les teufs où ça kène grave, il fait tourner du putain de Reggae et des sons bien urbains et surtout, surtout, son bouquin parle dé bédo. Génération H, comme Hash, comme haschich, teushi, teuteu, zetla.

Génération H raconte l’histoire de Sacha, Johan et ses srabs, qui parcourent tout un tas de spots afin rencontrer du deumon, se fumer la tête, tester un max de weed et masse de chichbar. De la pure littérature underground, à base de bangs et de shiloms, de deux-feuilles et de grosses teufs. Bref, une pure story, pour les gadjos des années 90 et les bédaveurs de White-Widow.

Si je devais pondre une seule critique négative de Génération H, c’est qu’aucune pornostar n’est sortie du bouquin pour me sucer le dard, un peu comme dans le film d’horreur où une racli sort de la télé pour déchiqueter ceux qui la regardent, sauf que là, ce serait une hardeuse et elle sortirait du livre pour me chnikave. A part ça, bête de bouquin.

Tellement bête de bouquin qu’hier aprèm, je l’ai éclaté dans la face de ma reusse. Faut dire qu’elle m’avait bien cassé les burnes, me reprochant de lui avoir rotka de la maille.

Génération H

Génération-H a donc l’épaisseur parfaite pour le tamponner dans la ganache des fils de pute et des tarbas. J’attends la prochaine révolution pour m’en servir comme parpaing contre les schmitts. Nan, franchement, ce roman est mortel ! Pour te dire, je l’ai même embarqué à Meuda.

Parce qu’entre nous, ce quinbou est plus qu’un quinbou. Ce quinbou, c’est un soce. Tu peux rouler des gros djocks dessus par exemple.

Génération H

A Dam, il passait son temps à fumer des gros splifs, encore pire que oim.

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Et dans les coffees, il chopait toujours de la grosse Haze, du Kush ou de l’Ice-O-Lator, tellement qu’il ne blaguait pas.

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Détère, le livre a même acheté des graines pour les faire pousser sur Paname. J’ai pourtant tenté de l’en empêcher, lui expliquant que dans la weed, je préférais la partie fumette que la partie jardinage, mais Génération H n’a rien voulu savoir.

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Le dernier jour, il a plus tizé qu’un polak.

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Il s’est retrouvé tellement rébou qu’il a commencé à me prendre le chou. Il voulait faire du vélo, alors qu’il sait très bien que je ne blaire pas les deux roues, à part les TMAX.

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Toujours raide-def’, il a voulu monter sur un bateau, histoire de faire un tour sur les canaux.

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Je lui ai expliqué que son délire était flingué, je me suis même embrouillé avec lui, mais on s’est réconciliés autour d’une boite de champis.

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Je ne sais pas pourquoi, les hawaïens lui ont donné envie de kène. Au début, il a dosé tous les sex-shops de la ville puis après, il a voulu troncher une timpe du quartier rouge mais la vitrineuse lui a refermé la lourde en pleine gueule et tiré son rideau noir quand elle a rodave que je prenais une tof avec mon phonetel.

Génération H

 

Génération H

On a traîné dans le Red-Light, le bouquin ne voulait pas quitter Dam sans se vider les grelots, et j’étais connecté sur la même fréquence. Sauf qu’à force d’avoir enchaîné les coffees, les Smartshops, la tize et les Do Mac, on s’est aperçus qu’il ne nous restait plus un lové dans les fouilles pour ramoner de la kahba.

En dèche complète, le roman, dégoûté, s’est postiché façon charclo au coin d’une rue, pour ramasser de la caillasse afin de nous payer une gagneuse pas trop reuche.

Génération H

Mais comme le quinbou n’a récolté que 3 dolls, on s’est juste partagés un casse-dalle chelou qui ressemblait à un burger en moins bon.

Génération H

Ça s’est vraiment passé comme ça, sauf si j’étais trop déchiré. Tu as pigé, je ne peux que te conseiller d’acheter ce roman ou de le barber si tu es en galère de thunes. Pour flyer le temps d’une lecture, te faire un nouveau soce ou bien militer pour la légalisation du bédo sur le territoire céfran. Parce que chez nous, niveau législation, ça rame sec.

 

 

 

 


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4 Réponses à Génération H

  1. Romu dit :

    Mec, t’es pas assez méchant avec ce larbin de Constantin, ou alors t’en parle pas assez, je kifferais voir plus d’articles où il prend cher, un conseil : soit un peu plus vicieux et cruel avec lui , (il peut te servir de paillasson vu qu’il rampe comme une fiotte) et raconte nous.

    PS : Oublie pas de lui pas de lui pisser dessus de ma part et de lui écraser la gueule, et de le tabasser un peu aussi pour golri

  2. shd dit :

    Rha putain je suis vraiment pas assez assidu! Je suis un expat’ habitant à dam’, la prochaine fois essaye de prévenir un peu plus tôt et tu tâteras de la grosse Heaven Haze!

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