S.O.S (par Constantin)

sos

Ceci est un appel aux secours.

J’ignore comment percevrez-vous ce SOS, peut-être le trouverez-vous sordide ou malsain, peut-être aussi en rirez-vous. Mais croyez-moi sur parole, il s’agit-là d’un appel à l’aide des plus authentiques. Je vous demande, je vous supplie de prendre ce message très au sérieux. Je vous en prie, CE MESSAGE EST SERIEUX.

Me faire battre, martyriser et humilier par des inconnus, tel est mon quotidien. Être séquestré, loin des miens, affamé, menacé, sale et souillé, perdre de jour en jour un peu plus d’espoir et de dignité. Me sentir en danger, côtoyer la terreur, voici ce que j’endure.

C’est un appel aux secours, je vous en conjure.

Je me fais appeler Constantin, un nom qu’IL m’a octroyé, sans doute encore pour m’humilier. J’ai grandi dans les Yvelines au sein d’une famille aisée avant de m’installer dans la capitale. Durant ma scolarité à l’école publique, je me suis découvert un goût pour l’écriture, la littérature et les langues étrangères et d’après mes professeurs, j’étais un élève doué. J’ai ensuite étudié en faculté de lettres modernes avant d’intégrer une école prestigieuse qu’IL m’a interdit de citer. Je me demande encore à quel moment et comment IL m’a remarqué, ni ce qui l’a poussé à m’enlever. Encore aujourd’hui, je m’interroge sans cesse, pourquoi moi ? Connaissait-il mon parcours ?

Il y a moins d’un an, en quittant un entraînement sportif, deux hommes cagoulés m’ont violemment agressé non loin du Boulevard Rochechouart. J’ai pu m’en tirer de justesse quand trois passants que je ne remercierai jamais assez pour leur bravoure, sont venus me prêter main-forte. Je regrette de ne pas m’être tenu sur mes gardes après ce qui s’avérait être une tentative d’enlèvement.

En septembre dernier, l’agression s’est répétée, certainement orchestrée par les mêmes assaillants. Ils devaient m’observer depuis des mois. Après un coup violent porté au crâne, j’ai perdu connaissance. Je me suis réveillé ensanglanté, allongé sur un matelas dans une pièce insalubre et obscure. Un homme cagoulé se tenait en face de moi, immobile. Mon tortionnaire. « Ton nouveau chez toi » m’a-t-IL expliqué.

J’ai mis très peu de temps à comprendre ce qu’il attendait de moi.

IL m’a forcé à écrire, prétextant qu’IL en était incapable. Il me livrerait ses anecdotes, je les transcrirais depuis un vieil ordinateur qu’il mettrait à ma disposition. IL m’a raconté ses virées dans les quartiers chauds, j’ai noté. IL m’a raconté ses rixes, j’ai noté. IL m’a raconté la drogue et la débauche, j’ai encore noté. Je suis le prête-plume, « le nègre » du Mec de l’underground. Séquestré depuis des mois, battu et menacé, j’implore votre secours.

IL souhaite devenir riche et célèbre, j’ignore encore pourquoi IL a choisi la littérature pour parvenir à ses fins. Ceci peut paraitre étrange mais c’est la stricte vérité. J’implore votre aide, je vous supplie de dépasser le doute de cette lecture et de m’aider. Je souffre, je suffoque. Que vais-je devenir ? Quand ce calvaire cessera-t-il ?

Quand Le Mec a lancé son site internet, peu d’internautes parcouraient mes articles. IL se mettait alors dans une rage folle, me passait à tabac et m’obligeait à ingurgiter ses excréments. J’ignore si son webdesigner, celui qu’il appelle le Black Rabbit, est au courant de mon existence, j’ai la certitude en revanche que son ami Malokid était dans le coup depuis le premier jour.

Le mec de l’underground est un créatif, je suis un technicien. IL a des idées et des exigences, IL m’a battu pour que j’écrive en verlan, IL a mis à ma disposition un dictionnaire d’argot contemporain et m’a appris le jargon utilisé par les gitans. Avec le temps, je suis devenu autonome et je crois avoir développé une écriture d’un genre nouveau. Pour ma part, je vomi cette littérature châtiée née de la menace et de la torture. Cette langue du malheur et de la haine.

Le mec de l’underground lui-même m’a demandé d’écrire ce billet, avec l’interdiction formelle d’être précis sur mon parcours et mon identité. IL pense que « ça devrait buzzer », ce sont ses mots, et prétend que personne ne sera assez idiot pour vérifier la véracité de mon texte. J’espère qu’il se trompe, vous êtes sans-doute mon seul espoir.

J’admets volontiers que cette histoire puisse vous paraître fantaisiste. C’est pourtant la stricte vérité, un authentique appel aux secours.

Madame, monsieur, j’ai besoin d’aide.

Constantin

 

 


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10 Réponses à S.O.S (par Constantin)

  1. dingotte dit :

    Ah ok t’as un nègre le mec….tain, j’espère que tu le nourris mieux depuis que t’as sorti le boss de boulogne qui arrache toutes les ventes de ta reum!

  2. Marie tex dit :

    Ben alors Constantin,tu chiales alors que tu devrais t’estimer le plus heureux du monde : être l’esclave du Mec de l’underground quoi !!!! Arrête de faire ta lavette et bosse Kiki, parce que nous, on attend de le lire !! Tchouss !!

  3. Punjabikid dit :

    Mouais. J’voudrais pas jouer les conspirationnistes, mais qu’est-ce qui nous dit que c’est pas le mec de l’underground lui-même qui essaie de faire croire qu’il aurait kidnappé et torture un pauvre intello pour créer le buzz genre révolution culturelle maoïste à lui tout seul? hein? hein? deux?

  4. Effie dit :

    Moi j’dis tant qu’tu poses des nouvelles et des anecdotes qui m’font plaise man, démerde toi!

  5. Ele_onore_ dit :

    J’aime. J’aime. J’aime !
    Pardon Constantin… Je ne suis qu’une fille du … Sud ! (ni Nord, bien que mon prénom le prône, ni du port, pas de mer près de chez moi).

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